Pour une chambre qui a la tête haute

CST

La proclamation des résultats des élections sénatoriales aura lieu demain. Une simple formalité, de l’avis des analystes. On s’attend à ce que les auteurs des requêtes soient déboutés de leurs actions. C’est-à-dire de leurs demandes d’annulation des résultats du scrutin partiellement ou entièrement. On attend, à partir du week-end, la publication des noms des Sénateurs nommés par le Président. Parler de remise de CV semble dans le cas d’espèce incorrect.

Les Sénateurs à nommer sont présentés par des associations ou des groupes de personnes reconnues. Car un Sénateur, dans son travail, est censé être une personnalité pas comme les autres. C’est une grande personnalité reconnue pour ses compétences et sa haute moralité. En malgache, c’est un « loholona ». C’est-à-dire un « raiamandreny » sage et avisé et qui est là pour aider l’Exécutif dans son travail, sur le plan technique et moral. C’est la quintessence de cette Chambre, inamovible durant son mandat.

N’est donc Sénateur qui veut et à partir du moment où un Sénateur est officiellement installé, il n’appartient plus à son parti ou aux associations qui l’ont présenté. Il est Sénateur de Madagascar. Il représente la moralité politique et la technicité au service de la Nation. Cela dit, cette Chambre consultative joue, dans un sens, le rôle de modérateur entre le Gouvernement et l’Assemblée Nationale suivant un jeu d’équilibre de tout système bicaméral. Le régime qui pilote à vue à l’Assemblée Nationale a besoin d’avoir le contrôle du Sénat d’autant plus que le Président du Sénat assure l’intérim en cas de vacance de poste du Président de la République jusqu’à la publication des résultats de l’élection présidentielle. Nous n’en sommes pas encore là. Mais, à Madagascar, même les scenarii les plus fous relèvent du possible. Notre palmarès est rempli durant ces 60 années d’indépendance : coup d’Etat, destitution, éviction, empêchement… Bref, de ce côté, Madagascar n’a plus besoin de recevoir des leçons. Nous avons, surtout, besoin d’éthique et d’honnêteté dans la pratique de la politique.

Il est absurde de voir, à titre d’exemple, un cadre d’un parti rejoindre du jour au lendemain le staff d’un autre parti, plus ou moins rival, parce que le rapport de forces a changé. Tout parti se doit d’avoir son propre projet de société et ses membres sont tenus d’en être fidèles quelles que soient les circonstances. Malheureusement, jusqu’ici, être un bon politicien dans notre beau pays, c’est être bon nageur pour être toujours dans les eaux territoriales du régime au pouvoir.

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