Le retour à l’ordre constitutionnel

jean ravelo

Avant-dernière ligne droite de l’année 2015. C’est l’heure des bilans pour tout le monde. Y compris le pays. Le Président de la République s’est dit satisfait de l’ensemble de la prestation du gouvernement Ravelonarivo. Le contraire aurait été étonnant. Pour les raisons suivants. La grande majorité des ministres sont de sa mouvance. Les ministres n’avaient pratiquement rien pu faire compte tenu de la trésorerie de leurs ministères. Il n’a pas de budget proprement dit et toutes les dépenses ont été suspendues. A dire vrai, pendant ces derniers trois mois, le gouvernement est réduit à gérer des affaires courantes. A l’exception de quelques ministres qui ont pu travailler car leur département bénéficiait de projet qui continue de fonctionner grâce à un crédit provenant des bailleurs de fonds.

La période de stage est terminée avec l’adoption de la Loi de Finances 2016 et avec l’arrivée des aides budgétaires du FMI et de la Banque Mondiale, ainsi que de l’Union Européenne. On attend également avec impatience les retombées des appuis que le Chef de l’Etat, en personne, a négociés en Australie, au Royaume-Uni et, dernièrement, en Afrique du Sud qui a abrité le sommet Chine-Afrique. Madagascar compte beaucoup sur l’aide chinoise qui, contrairement à celle des pays occidentaux, ne sont pas conditionnées par des principes comme le respect des droits de l’homme, les libertés fondamentales humaines… Les Chinois sont pragmatiques. Business is business.

Et, au moins, avec eux, on sait à quoi s’en tenir. Le retour à l’ordre constitutionnel, exigé par la Communauté internationale, est en bonne voie. Le Président de la République et les députés ont été élus démocratiquement. Les maires et leurs conseillers également. La semaine prochaine, les sénateurs seront élus. Et les chefs de région en 2016. Toutes les institutions, requises dans la feuille de route, seront en place. Il ne reste plus qu’à élire les conseillers provinciaux, régionaux et les chefs de province. On peut s’attendre à ce que l’Etat ne se presse pas pour ces dernières consultations. Il vaut mieux avoir affaire à des chefs de région non pas élus, mais nommés en Conseil des ministres.

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